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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

2016/03/17 21:50
de Kupka Ankh Balthazar
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( Si… ) Les r√™ves

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Si les r√™ves pouvaient s’√©crire
Aux abords du pays des songes,
Dans les songes on pourrait lire
Ces mots que le regard exige.

On découvrirait dans les livres
Les mots que tisse le sommeil
Emporté par le bateau ivre
Chevauchant les vagues vermeilles.

Dans l’orbe des nuits soyeuses
Chante une langue singulière,
Du Lak ou de l’Inuktitut ?
Un chant d’ivresse batailleuse.
Une ode s’√©levant alti√®re.
Une aria que les astres écoutent.

C’est une geste serpentine
A l’√©trange crois√©e de l’√™tre
Et du néant indéchiffrable
Qu’une vibrante lutte anime
Un combat épuisant peut-être
Ou un mystère inexprimable

Entre les pages entrouvertes
En travers des signes des pages
Coule comme une rivière
Au matin dans des rues désertes
Les r√©cits d’une ville sage
Une vérité avant-dernière

Un conte né entre les pierres
D’une cabane abandonn√©e
Qu’aurore la nuit bor√©ale
Frangée de pluies aurifères
Sous le grand ciel étoilé
De mes rêveries idéales

Bleu contre bleu, syllabe et voix
Lien unissant deux royaumes
Serr√© entre mes doigts br√Ľlants
Comme le bec de plume d’oie
Traçant les lettres qui la nomme
Citadelle d’un monde blanc

Cit√© qu’un soleil aveugle
Voguant au milieu des cieux
Dissimulée dans les nuages
Un alentour bruissant d’oiseaux
Sentinelles d’un songe heureux
D√©livrant d’√©tranges voyages

Entre les arbres d’un jardin
D√©rob√© au cŇďur des ruelles
Sinueuses et enchevêtrées
De la ville au mille chemins
O√Ļ deux destin√©es se m√™lent
Sous l’ombre des dragonniers

La ville haute, la ville basse
Receleuse de brumes blondes
Liées par un double destin
Qu’une all√©gorie entrelace
Sous les fables vagabondes
Que se raconte les vauriens

Dans l’enceinte close des parcs
Qu’une ronde lune croqu√©e
Camoufle d’artifices ombreux
Deux silhouettes se démarquent
Se sauvant de l’autre cot√©
Par un moyen mystérieux

Et s’√©garent dans la nuit noire
Sommeil tiss√© de rouge et d’or
Entre les ronces du désir
A la recherche d’un grimoire
Ciel rouge, ciel noir, claires aurores
Leur paradis contre un empire …

2016/03/10 15:41
de Kupka Ankh Balthazar
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Aurora Borealis

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Les r√™ves ne peuvent s’√©crire
Aux abords du pays des songes,
Dans les songes on ne peut lire
Ces mots que le regard exige.

Alors quand approche la nuit,
Perdu dans la clarté des lampes,
Ne laisses rien d’inaccompli
Au souvenir qu’un r√™ve estampe.

Quand le jour se perd dans le soir,
Jette sa dernière lueur,
Parcours sans fin la plaine aride
En quête de toute histoire,
Au bruit argenté des clameurs
de la présence éphéméride.

Il faudra à la fin du jour
Arpenter les contrées sauvages,
S’approcher du fleuve endormi,
Plonger aux gouffres sans retour,
À proximité du rivage
Ou tout ce qui reste s’enfuit.

Réveiller les planètes mortes
Aux terres noires tach√©es d’ombre
Des grands néants interstellaires.
Puis sous vigilantes escortes
D’√©toiles filantes en surnombre
Franchir les dernières frontières.

Vers¬†les ravins bleus o√Ļ¬†bondit,
Happé par le vide insensé,
Le long flot des crues torrentielles
En territoires infinis,
Tracer les signes oubliés
Que le bris des carcans révèle.

Ňíil ac√©r√© comme une dague,
Recherche un passage, un sésame,
Avant que tout ne soit perdu.
Dans la trame muette des vagues,
Que de profonds remous entament,
Se mirent les cieux suspendus.

Et libre soit cette infortune
Dérivante au gré des courants.
Toute passion noire est un prisme
Diffractant l’obscurante lune.
Secret étoilé en dedans,
Mon errance à son paroxysme.

La main bleue de l’air immobile
Brandit du¬†poing l’oracle atroce
Que l’heure du tr√©pas affole.
Le bourdon du temps inutile
Bruit silencieux sous l’√©corce,
Les oiseaux figés dans leur vol,

Un grand frisson triste de plume,
Dedans le confondant dédale,
Au crépuscule des semailles.
Un ciel pesant comme une enclume,
Et des pleurs aux aurores sales,
O√Ļ les m√©t√©ores d√©raillent.

Monter √† l’assaut des orages
O√Ļ d’√©tranges cauchemars errent.
Br√Ľler nuitamment¬†tous les ponts.
Se délester de tout bagages.
√Član d’oiseau tout de travers,
Briser la pénible attraction.

Pris dans le murmure glacé,
√Čcrire avec le n√©ant bleu
Des révolutions sidérales,
Ma nuit ténébreuse et hantée,
Br√Ľl√©e aux¬†astres p√©rilleux
D’amples¬†aurores bor√©ales.

2016/03/05 22:04
de Kupka Ankh Balthazar
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Orphée & Eurydice

A-Seon-Lamentation-d-Orphee

Fils du¬†du roi de Thrace Ňíagre et de Calliope,¬†Orph√©e h√©rite de l’√©loquence po√©tique de sa m√®re. Ce serait encore mieux si √† cet¬†pr√©disposition naturelle s’ajoutait un don pour la musique. Ce √† quoi pourvoira¬†Apollon, en lui offrant une lyre comportant¬†sept cordes. Orph√©e en¬†ajoutera deux de plus¬†en l‚Äôhonneur des neuf muses, m√©diatrices entre le monde des Dieux¬†et la po√©sie.¬†La maitrise de la¬†musique et du¬†chant lui permet de charmer ceux qui l’√©coute, les √™tres vivants aussi bien que les √©l√©ments. Rochers et arbres se d√©placent pour l‚Äôentendre, sans parler des¬†monstres les plus terrifiants.

Quelques temps plus tard, un autre h√©ros, Jason, re√ßoit de Pelias, l’ordre d’aller qu√©rir la toison d’or. A bord du vaisseau Argo, les argonautes, dont fait partie Orph√©e, embarquent pour le voyage. La pr√©sence de ce dernier √† bord du navire¬†sera d√©cisive pour la r√©ussite de l’exp√©dition. Son chant magique charme ou envoute, guidant la nef sur l’oc√©an, ouvrant les¬†portes verrouill√©es du sanctuaire d’H√©cate, ou surpassant les¬†pouvoirs de s√©duction¬†des sir√®nes.

A son retour, il rencontre¬†la tr√®s belle hamadryade¬†Eurydice¬†dont il tombe aussit√īt amoureux. Mais le jour de leur union¬†les mauvaises augures s’accumulent, semant le trouble. Pourtant le couple vit tr√®s heureux. Mais un jour, dans la vall√©e du fleuve P√©n√©e, Eurydice est agress√©e¬†par¬†Arist√©e, un dieu champ√™tre. Fuyant¬†dans l’herbe verte¬†celui qui la pourchasse, elle pose¬†son pied nu sur un serpent qui lui mord la cheville.

Instantan√©ment terrass√©e par le poison mortel Eurydice s’√©croule. Orph√©e tente de la gu√©rir,¬†rien n’y fait.¬†Eurydice meurt. Fou de d√©sespoir et de chagrin, Orph√©e descend¬†√† sa recherche jusqu’aux¬†portes des enfers. Au cŇďur des profondeurs infernales, usant¬†de¬†sa musique plaintive et lancinante, il¬†charme le passeur Charon, Cerb√®re, le monstrueux chien √† trois t√™tes , et les trois juges des morts, les Eum√©nides.

Finalement¬†Had√®s se laisse fl√©chir et l‚Äôautorise √† ramener sa bien-aim√©e dans le royaume des vivants, √† une¬†seule condition.¬†Orph√©e ne doit ni se retourner, ni lui adresser la parole¬†tant qu‚Äôils¬†n‚Äôont pas tout deux¬†regagn√©s le monde des vivants et la lumi√®re du soleil. Avan√ßant devant elle, Orph√©e ouvre la marche en s’accompagnant sur¬†sa lyre. Il se rassure en √©coutant le bruit de ses pas derri√®re lui. Mais soudain¬†un silence de mort les entoure. Doutant de sa pr√©sence,¬†Orph√©e¬†se retourne. Aussit√īt Eurydice l√®ve¬†les bras vers lui, s’effor√ßant de le retenir, mais ses mains sans force ne rencontrent que le vide. Elle est √† nouveau pr√©cipit√©e, impuissante, dans les abimes.

…………………………..

Accabl√©, Orph√©e¬†se retira avec sa peine au Mont Rhodope o√Ļ il ne cessa¬†de chanter son amour et son d√©sespoir. Le dieu Dyonisos le livra¬†aux Bacchantes, qui jalouses de le voir rester fid√®le √† Eurydice, le d√©chiquet√®rent. Sa t√™te, jet√©e dans le fleuve Euros, vint se d√©poser sur les rivages de l’√ģle de Lesbos, terre de la Po√©sie. Les Muses, √©plor√©es, recueillirent ses membres pour les enterrer au pied du mont Olympe. Quand √†¬†Phoebus afflig√© de la perte du Chantre, il attacha au sol, par de tortueuses racines, toutes les Bacchantes pr√©sentes √† la mort d’Orph√©e¬†et elles furent m√©tamorphos√©es en arbres.¬†Le mythe d’Orph√©e, d√©chiquet√© et jet√©¬†dans un fleuve, entretient une relation √©vidente avec celui d’Osiris, tout comme d’autres impr√©gn√©s de l’antique rite du Sparagmos¬†:¬†Zagreus, fils de Zeus et de Pers√©phone, d√©membr√©s par les Titans¬†ou encore¬†Penth√©e, Roi de Th√®bes et cousin de Dionysos, mis en pi√®ces par les m√©nades.

2016/02/27 20:35
de Kupka Ankh Balthazar
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Le march√© aux √Ęnes (La capitale des Songes 2)

Ane-Sogodie-web

Il convient √©galement de dire un mot √† propos du march√© aux √Ęnes. Selon un arr√™t√© officiel les √Ęnes de Sogonie ne peuvent quitter la ville, ils sont effectivement consid√©r√© comme entit√©s indivisibles de la m√©gapole et ne peuvent √™tre export√©s sous aucune condition. Le termes de march√© aux √Ęnes peut donc sembler inadapt√© aux visiteurs de passage, car la seule option qui leur soit propos√©e est une location √† la journ√©e. N√©anmoins les r√©sidents permanents peuvent, en ce qui les concernent, acqu√©rir un √Ęne de Sogonie sans aucune restriction de dur√©e.

L’√Ęne de Sogonie est un des seuls moyens de transport autoris√© √† l’int√©rieur de la ville, en sus bien √©videmment de la marche √† pied. L’animal se montre particuli√®rement adapt√© aux trajets dans les ruelles √©troites et pentues, tr√®s souvent interrompues par d’interminables escaliers. La plupart des lieux √† visiter proposent des √©curies adapt√©es aux montures et il est tr√®s faciles de se procurer la nourriture appropri√©e quelque soit le quartier urbain o√Ļ l’on se trouve. A noter que les √Ęnes de Sogonie sont tr√®s respect√©s par les Sogoniens qui leur vouent une sorte d√©votion presque incompr√©hensible. Toutes maltraitance, aussit√īt rep√©r√©e, est s√©v√®rement punie et le responsable ne pourra plus louer un seul √Ęne durant le reste de son s√©jour. Il est donc conseill√© aux touristes de pr√™ter une attention toute particuli√®re √† leur monture.

La morphologie de l’√Ęne de Sogonie se rapproche approximativement de celle du Mammoth Jackstock, une b√™te que l’on trouvait commun√©ment sur le territoire am√©ricain au XIX√®me si√®cle. Il est¬†assez grand (1,60m au garrot) et haut sur pattes; mais √† l’inverse, sa robe pie est velue et fris√©e comme celle du baudet du Poitou. Une de ses autres caract√©ristique est la pr√©sence d’une spirale invers√©e blanche sur le front toujours brun de l’animal, dont le nombre de spires n’est jamais sup√©rieur √† trois. ¬†Pour les amateurs de folklore local, une l√©gende existe expliquant sans doute partiellement l’attachement inconditionnel des Sogoniens √† leurs √Ęnes. le r√©cit se trouve en bonne place dans un¬†recueil de contes √©nigmatiquement intitul√© ¬ę¬†Les neufs patiences ridicules de l’empereur¬†sans t√™te¬†¬Ľ (√©nigmatique car aucun des contes, au nombres de 24, compil√©s dans ce livre ne parle de patiences, ni d’empereur)¬†sans doute disponible dans la plupart des librairies √† condition de savoir chercher une aiguille dans une botte de foin … Nous reviendrons sur la particularit√© des librairies Sogoniennes dans un article ult√©rieur.

Vente et location des √Ęnes se d√©roulent √† la cri√©e sur cette fameuse place. C’est un d√©tour oblig√© pour tout les amateurs de traditions locales. On dit que Le march√© aux √Ęnes de Sogonie est l’un des plus ancien de tout l’archipel. A l’origine on comptait une cinquantaine d’√©leveurs, un chiffre qui s’est consid√©rablement r√©duit depuis. La reproduction et l’entretien des b√™tes sont d√©sormais g√©r√©s par une demi-douzaine de coop√©ratives. Ce qui n’emp√™che pas la multiplication des stands de vente et location ou hurlent les crieurs, qui combin√© au braiments des √Ęnes se r√©pondant les uns les autres, contribue¬†√† l’atmosph√®re si particuli√®re et inimitable du lieu.

Si vous louez un √Ęne, vous aurez droit en sus √† un harnachement complet au couleurs traditionnelles, c’est √† dire rouge, lie-de-vin et beige. La couverture tiss√© comporte g√©n√©ralement des chevrons gris clair rehauss√©s de motifs vari√©s brod√©s au fil d’or. Vous pouvez aussi obtenir en option, un kit de chargement constitu√© de deux grands paniers d’osier port√©s de part et d’autre de l’animal. Si vous vous contentez du harnachement de base, une s√©rie d’accroches sur la selle permettent d’y suspendre quelques sacs ou paniers. Les √Ęnes de Sogonie se nourrissent principalement de foin, d’orge ou d’avoine. Les autres c√©r√©ales sont relativement rares. La ration r√©guli√®rement d√©livr√©e par les commer√ßants lors des escales des touristes est constitu√©e d’environ 70% de foin et 30% d’avoine.

Un autre moyen de transport non r√©pertori√© existe, il s’agit des √Ęlicornes. Leurs apparitions co√Įncideraient avec le cataclysme qui frappa autrefois les deux villes jumelles qui pr√©c√©d√®rent¬†la citadelle¬†a√©rienne. D’apr√®s certaines th√©ories, le bouleversement cosmique r√©sultant aurait provoqu√©, par basculement d’√©quilibre, l’√©crasement d’un satellite voisin (et non identifi√©) sur Sogonie.¬†Ce min√©ral inconnu aurait ¬ę¬†contamin√©¬†¬Ľ la faune et la flore aux environs du point d’impact. D’apr√®s certaines chroniques, l’apparition des fleurs de verre, ainsi que des √Ęlicornes seraient li√©e √† cet √©v√®nement.¬†√ālicornes¬†¬†et Fleurs de verre, n’apparaissant et ne se reproduisant que dans ce p√©rim√®tre, sont¬†tr√®s rares, et¬†donc prot√©g√©s. L’acc√®s de la zone¬†est r√©serv√©e √† certains notables,¬†¬†ou proche de la famille princi√®re. De plus les √Ęlicornes ne s’accouplant que¬†toutes les quatre¬†lunes, leur caract√®re pr√©cieux les r√©serve √† un quota restreint de privil√©gi√©s.¬†Il est n√©anmoins possible¬†d’en croiser au hasard d’un point d’eau … mais leur capture √† l’√©tat sauvage est une chose peu ais√©e.

Les √Ęlicornes portent en partie les caract√©ristiques physiques de l’√Ęne Sogonien, mais l’animal est √©galement dot√© d’une longue corne au dessin spiral√©e, ainsi que de deux robustes ailes qui lui permettent de s’√©lever dans les airs sans effort apparent avec un cavalier. Il est donc possible d’en apercevoir quelques uns en levant les yeux au hasard des d√©ambulations.