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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

Melpomène (II)

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Mountain-Castle-by-PeterJCoskun

… PerchĂ©e au sommet de la plus haute tourelle de son domaine, elle fixe maintenant d’un air amusĂ©,le carrousel affolĂ© du petit monde, au milieu duquel tourne dans un nuage de poussière, un dragon sauvage crachant et tonitruant.

Elle baisse ensuite son regard sur l’enclos des figuiers.

Le vert des feuillages se détache avec élégance sur le sable blanc.

Le sable …

En faisant entrer un peu de dĂ©sert dans l’enceinte du château, elle avait sans doute pensĂ© que celui-ci se laisserait plus facilement apprivoiser. Mais ce simulacre avait Ă©chouĂ©. Et le dĂ©sert vĂ©ritable, de plus en plus proche, au fil des annĂ©es, lui faisait peur. Elle invoqua comme chaque fois le souvenir de Baba-Mouna-Yaga et l’image de sa lointaine ancĂŞtre la rassura. Un peu de son sang coulait dans ses veines, et Melpomène se rĂ©pĂ©ta comme Ă  l’accoutumĂ©, que forcĂ©ment ce savoir ancestral, apparemment perdu dans le trĂ©fonds de son inconscient, se rĂ©veillerait et ne lui ferait pas dĂ©faut le jour ou il lui serait nĂ©cessaire. Elle essaya d’imaginer ce qu’aurait pu ĂŞtre son enfance, si Baba-Mouna-Yaga avait Ă©tĂ© sa mère: la chaleur Ă©crasante du dĂ©sert, La torpeur insoutenable, la petite hutte de peau pour se protĂ©ger de l’ardeur solaire, l’eau, si prĂ©cieuse soudain, si indispensable … mais si elle avait Ă©tĂ© une grenouille, ç’aurait Ă©tĂ© bien pire … Elle sourit Ă  nouveau, amusĂ©e de ce coq Ă  l’âne saugrenu. Une grenouille pouvait-elle ĂŞtre bonne conseillère en matière de dĂ©sert ? Elle imagina d’immenses universitĂ©s de briques rouges, oĂą d’innombrables professeurs en chapeau-claque administraient avec emphase Ă  un auditoire de reinettes vert-pomme des cours de survie dans le dĂ©sert Ă  l’usage des grenouilles … et pouffa de rire. La grande majoritĂ© de ses domestiques ayant disparue, dĂ©vorĂ©e par le dragon vert, il ne restait plus grand monde autour d’elle pour ĂŞtre tĂ©moin de ses digressions ineptes. Ce qui prĂ©sentait un avantage consĂ©quent en ce cas prĂ©cis. Le soleil atteindrait bientĂ´t l’horizon, de petits nuages striaient le ciel et cela lui rappela encore une fois son ancien amour, parti vers d’autres montagnes, avec barbichette, chapeau, lunette, etc … un de perdu, dix de retrouvĂ©, chantonna t-elle, car elle n’avait plus envie d’ĂŞtre triste. Elle chassa ses dernières idĂ©es noires avec humeur … aaahhh… petite inconsciente … (suite)

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