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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

Melpomène (III)

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… Ă©videmment Atticus n’Ă©tait pas Ă  l’abri d’une nouvelle mĂ©tamorphose de pleine lune et cela inquiĂ©tait un peu Melpomène. Elle rumina ses craintes toute la soirĂ©e, mais le lendemain, elle n’y pensait plus. La journĂ©e dĂ©buta sous un ciel infiniment bleu dont les nuages (ces petits amas neigeux qui faisaient comme des coups de râteau dans l’azur) avaient tous Ă©tĂ© balayĂ©s par un vent tempĂ©tueux qui paraissait bien avoir emportĂ© avec lui la morositĂ© habituellement prĂ©sente dans l’enceinte du château depuis l’apparition terrifiante du dragon vert. Les quelques domestiques qui avaient Ă©chappĂ© Ă  son appĂ©tit vorace, vaquaient, insouciants et leur ballet affairĂ© sur la cour pavĂ©e, ce va-et-vient studieux dans la clartĂ© matinale, inventait une chorĂ©graphie spontanĂ©e et sereine, dans laquelle le glissement de leurs ombres, encore longues sous les premiers rayon du soleil, apportaient une sĂ©rie de contrepoints savants. Melpomène se rendit dans la chapelle du château. Elle aimait en ce lieu, la lumière douce de l’aurore. L’astre du jour, Ă©mergeant au dessus des arbres, projetait son Ă©clat sur les vitraux de l’abside et, traçant sur le dallage, en ombres chinoises, le dessin dĂ©liĂ© des fines colonnes de pierres blanches, il semblait Ă  son âme que les murs de la chapelle s’Ă©tait dissous au contact de ce rayonnement premier, laissant les arbres de la petite forĂŞt pĂ©nĂ©trer dans ce sanctuaire. Un moineau Ă©garĂ© dans une des travĂ©es se mit Ă  chanter. Une bouffĂ©e de joie envahit son cĹ“ur et ce matin si bien dĂ©butĂ© lui sembla devoir ĂŞtre de ces journĂ©es semblables Ă  des rĂŞves, oĂą n’arrive que ce que l’on souhaite, et d’oĂą toute contrariĂ©tĂ©, d’avance, sera bannie. Elle resta un moment, savourant la quiĂ©tude de l’endroit, puis regagna ses appartements, laissant la lourde porte entrouverte afin que l’oiseau prisonnier puisse regagner les jardins. SitĂ´t dans sa chambre, elle souleva les volets de bois, laissant la lumière du matin s’introduire jusque sur son lit. Un gazouillis moqueur attira son attention. Le volatile facĂ©tieux, perchĂ© près du volet entrouvert, n’Ă©tait autre que celui qu’elle avait entraperçu, quelques instants plus tĂ´t dans la pĂ©nombre de la petite Ă©glise. Elle prit son luth et entrepris de lui rĂ©pondre, improvisant une mĂ©lodie lĂ©gèrement entĂŞtante. La bestiole, charmĂ©e, inclina la tĂŞte et son Ĺ“il rond cligna deux ou trois fois … Sans quitter son instrument, elle fit quelques pas en direction de la fenĂŞtre, mais l’oiseau pris peur et s’Ă©loigna aussitĂ´t. une sensation Ă©trange l’Ă©treignit soudain et elle fut parcourue d’un frisson glacial. Une gigantesque silhouette noire traversait la cour en contrebas et sans comprendre ce qu’elle voyait, cette vision la terrifia … (suite)

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