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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

Escapade

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Escapade

Mon amour frêle et fragile, attaché à mon cœur brisé,
RĂ©tif Ă  l’abandon comme feuilles tendres que le froid mord,
MalgrĂ© la nuit longue, autant qu’en puisse arguer l’obscuritĂ©,
Quittons ces rivages délétères que les ombres torpides adorent.

Par la béance mousseuse ouverte au firmament noir, filons!
Chevauchant les tourbillons bleus, irradiĂ©s d’astres lactescents,
A l’instant oĂą la nuit aux doigts de craie dĂ©tache … une Ă  une,
Les gemmes opaques enchassées aux jointures du ciel insoupçonné.

Tes yeux verts insaisissables, messagers couvrant l’horizon,
DĂ©chiffrent l’orbe muette des territoires impatients.
RĂŞver, apprendre, se taire, attendre, croiser d’Ă©tranges lunes
OĂą gisent des chimères vaguement assoupies dans l’ombre dĂ©nudĂ©e.

Amants rêveurs abreuvés à la source indistincte, perdus,
Guettant d’un oeil Ă©teint oĂą s’est brisĂ© le vent Ă  petits coups,
Le brandon défaillant enseveli sous les soupirs vains,
Et butinant, hagards, un souvenir froid que les chuchotis tenaillent.

CĂ©lĂ©brons, plutĂ´t que l’ultime torpeur, l’errance absolue.
La forĂŞt de cèdres aux yeux d’argent oĂą naissent les tatous.
Là, au tréfonds des sylves oubliées sous le vert baldaquin
Que les nervures fertiles du long fleuve multiplié assaillent,

PrĂ©ludes d’oiseaux rouges Ă©chappĂ©s des racines captives,
La chambre et sa mémoire de braise bruit au miracle noir.
Goûtant le pépiement clair du silence désiré enfin,
Nos corps s’alanguissent, se meurent, renaissent sans fin.

Je m’enivre de toi, ma tendre muse, et ta caresse avive
Mes langueurs de papier, lors jouant de ma plume en miroir,
De tes lèvres jusqu’Ă  tes lèvres, je chasse le dragon bleu,
Puis sans coup fĂ©rir, ma promise, je t’ensemence de mon encre bleue.

Selene by musabenedetta

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