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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

La Capitale des songes (1)

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Capitale des Songes

Au sud se dĂ©ploie sur l’ocĂ©an la myriade d’Ă®lots constituant l’archipel des songes. Ces ilots portaient des noms divers et variĂ©s, et leur position gĂ©ographique, changeante et incertaine, est particulièrement difficile Ă  dĂ©terminer. Il arrive que certains, dotĂ© d’une homonymie dĂ©concertante se situent pourtant en des lieux diffĂ©rents, tandis que d’autres, apparemment dissemblables partagent momentanĂ©ment les mĂŞmes coordonnĂ©es gĂ©ographiques.

Il y a un lieu ou ce phĂ©nomène d’intrication atteint une sorte de paroxysme. Il s’agit de Mathimgucikjakeok. Ce lieu est plus connu sous son nom commun de Sogodie ou Capitale des songes. Mais ce n’est pas une ile Ă  proprement parler … L’intrication a gĂ©nĂ©rĂ© Ă  cette endroit une gĂ©ographie particulière, dotant l’emplacement de particularitĂ©s que l’on ne retrouve nulle par ailleurs dans l’archipel. Mathimgucikjakeok possède une attraction propre, et est considĂ©rĂ© par certaines juridictions comme un satellite terrestre.

Lorsqu’on s’approche de la capitale, on est surpris d’apercevoir, Ă©mergeant doucement des brumes, cette gigantesque structure imperceptiblement oscillante, suspendue au dessus de l’ocĂ©an. L’ensemble Ă  la forme d’une double pyramide inversĂ©e et les habitations sont comme empilĂ©es les unes sur, ou sous, les autres, verticalement, de la pointe infĂ©rieure au sommet. L’aspect le plus dĂ©stabilisant pour le touriste visitant la ville pour la première fois, est d’expĂ©rimenter physiquement les forces d’attractions inverses rĂ©gissant le satellite. Dans la partie zĂ©nithale (haute-ville) la diffĂ©rence est imperceptible. Au nadir (basse-ville), en revanche, l’inversion est manifeste.

D’abord inconscient de sa position inversĂ©e en parcourant les ruelles de la basse-ville, le promeneur levant subrepticement les yeux, est toujours surpris dans un premier temps de dĂ©couvrir en lieu du ciel et de ses nuages , la surface mouvementĂ©e de l’ocĂ©an balayĂ© par les vagues.

La surface de la ville s’Ă©tage donc dans les deux directions, dans une succession de terrasses, de ruelles pentues, d’escaliers biscornus. Il est assez difficile d’y retrouver son chemin lorsqu’on est pas familier de la gĂ©ographie du lieu. Heureusement, il y a de nombreuses Ă©choppes, regorgeant pas ailleurs de souvenirs exotiques, qui proposent en sus, le fameux plan de la capitale, sans lequel l’excursion virerait inĂ©vitablement Ă  l’ennui.

Nanti de ce plan, la dĂ©couverte de la mĂ©gapole se transforme instantanĂ©ment en un jeu dĂ©licieux, car les surprises inattendues ne manquent pas, et les moyens d’accĂ©der Ă  chacune d’elle sont très clairement expliquĂ©s. Si par exemple vous venez d’arriver sur le spatio-port et que vous souhaiter visiter la magnifique cathĂ©drale neo-gothique de Mathimgucikjakeok (comme prĂ©cisĂ© plus haut, il s’agit du nom originel de la ville, mais sur les guide touristiques on l’appelle communĂ©ment Sogodie *), vous apprendrez qu’il vous faut d’abord rejoindre le marchĂ© aux ânes, passer sous la grande porte de la sĂ©rĂ©nitĂ©, monter la longue rue pentue et zigzagante des teinturiers et des tisserands, contourner le musĂ©e de la perle, et traverser les magnifiques jardins suspendus, avant d’arriver Ă  votre destination…

La population y est très diversifiĂ©e. on peut parfois y croiser quelques visiteurs venus d’autres planètes et proposant au troc, divers objets tarabiscotĂ©s ou magnifiquement ouvragĂ©s, dont l’utilitĂ© et la destination sont gĂ©nĂ©ralement obscures, ces Ă©trangers ne parlant gĂ©nĂ©ralement pas la langue locale, et Ă©tant de fait incapables de renseigner le badaud intĂ©ressĂ©. Hormis ce cas de figure restreint, les appareils de traduction automatique distribuĂ©s aux portes de la ville permettent de se faire comprendre sans difficultĂ© des autochtones et de la plupart des voyageurs en transit.

NĂ©anmoins, la somme de savoirs et de connaissances rĂ©unis dans ce pĂ©rimètre en ont fait Ă©galement un des haut lieu de la culture Sogodienne. c’est pour cette raison que l’universitĂ© y est une des plus rĂ©putĂ©e et que des Ă©tudiants en provenance de toutes les iles de l’archipel, y viennent Ă©tudier des matières aussi diverses que la stĂ©notopie angulaire, l’hypermestasie, la mĂ©losomnie et tant d’autres matières peu enseignĂ©es ailleurs.

 

Note : Le nom de Sogodie serait semble-t-il, malgrĂ© que la source en soit assez obscure et dĂ©formĂ©e, une allusion au deux villes bibliques, Sodome et Gomorrhe, dont la tragĂ©die raconte l’impossible entente entre les reprĂ©sentants des deux sexes. Le rapprochement serait confortĂ© par l’existence d’une lĂ©gende populaire  ancienne qui dit que la capitale rĂ©intĂ©grera le globe terrestre le jour ou il sera fait la preuve de l’existence d’au moins un couple s’aimant d’un amour vĂ©ritable au cĹ“ur de la citĂ© flottante. *

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