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Chroniques de l'ile oubliée

Kupka Ankh Balthazar : Chroniques de l'ile oubliée

Orphée & Eurydice

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A-Seon-Lamentation-d-Orphee

Fils du du roi de Thrace Ĺ’agre et de Calliope, OrphĂ©e hĂ©rite de l’Ă©loquence poĂ©tique de sa mère. Ce serait encore mieux si Ă  cet prĂ©disposition naturelle s’ajoutait un don pour la musique. Ce Ă  quoi pourvoira Apollon, en lui offrant une lyre comportant sept cordes. OrphĂ©e en ajoutera deux de plus en l’honneur des neuf muses, mĂ©diatrices entre le monde des Dieux et la poĂ©sie. La maitrise de la musique et du chant lui permet de charmer ceux qui l’Ă©coute, les ĂŞtres vivants aussi bien que les Ă©lĂ©ments. Rochers et arbres se dĂ©placent pour l’entendre, sans parler des monstres les plus terrifiants.

Quelques temps plus tard, un autre hĂ©ros, Jason, reçoit de Pelias, l’ordre d’aller quĂ©rir la toison d’or. A bord du vaisseau Argo, les argonautes, dont fait partie OrphĂ©e, embarquent pour le voyage. La prĂ©sence de ce dernier Ă  bord du navire sera dĂ©cisive pour la rĂ©ussite de l’expĂ©dition. Son chant magique charme ou envoute, guidant la nef sur l’ocĂ©an, ouvrant les portes verrouillĂ©es du sanctuaire d’HĂ©cate, ou surpassant les pouvoirs de sĂ©duction des sirènes.

A son retour, il rencontre la très belle hamadryade Eurydice dont il tombe aussitĂ´t amoureux. Mais le jour de leur union les mauvaises augures s’accumulent, semant le trouble. Pourtant le couple vit très heureux. Mais un jour, dans la vallĂ©e du fleuve PĂ©nĂ©e, Eurydice est agressĂ©e par AristĂ©e, un dieu champĂŞtre. Fuyant dans l’herbe verte celui qui la pourchasse, elle pose son pied nu sur un serpent qui lui mord la cheville.

InstantanĂ©ment terrassĂ©e par le poison mortel Eurydice s’Ă©croule. OrphĂ©e tente de la guĂ©rir, rien n’y fait. Eurydice meurt. Fou de dĂ©sespoir et de chagrin, OrphĂ©e descend à sa recherche jusqu’aux portes des enfers. Au cĹ“ur des profondeurs infernales, usant de sa musique plaintive et lancinante, il charme le passeur Charon, Cerbère, le monstrueux chien Ă  trois tĂŞtes , et les trois juges des morts, les EumĂ©nides.

Finalement Hadès se laisse flĂ©chir et l’autorise Ă  ramener sa bien-aimĂ©e dans le royaume des vivants, Ă  une seule condition. OrphĂ©e ne doit ni se retourner, ni lui adresser la parole tant qu’ils n’ont pas tout deux regagnĂ©s le monde des vivants et la lumière du soleil. Avançant devant elle, OrphĂ©e ouvre la marche en s’accompagnant sur sa lyre. Il se rassure en Ă©coutant le bruit de ses pas derrière lui. Mais soudain un silence de mort les entoure. Doutant de sa prĂ©sence, OrphĂ©e se retourne. AussitĂ´t Eurydice lève les bras vers lui, s’efforçant de le retenir, mais ses mains sans force ne rencontrent que le vide. Elle est Ă  nouveau prĂ©cipitĂ©e, impuissante, dans les abimes.

…………………………..

AccablĂ©, OrphĂ©e se retira avec sa peine au Mont Rhodope oĂą il ne cessa de chanter son amour et son dĂ©sespoir. Le dieu Dyonisos le livra aux Bacchantes, qui jalouses de le voir rester fidèle Ă  Eurydice, le dĂ©chiquetèrent. Sa tĂŞte, jetĂ©e dans le fleuve Euros, vint se dĂ©poser sur les rivages de l’Ă®le de Lesbos, terre de la PoĂ©sie. Les Muses, Ă©plorĂ©es, recueillirent ses membres pour les enterrer au pied du mont Olympe. Quand à Phoebus affligĂ© de la perte du Chantre, il attacha au sol, par de tortueuses racines, toutes les Bacchantes prĂ©sentes Ă  la mort d’OrphĂ©e et elles furent mĂ©tamorphosĂ©es en arbres. Le mythe d’OrphĂ©e, dĂ©chiquetĂ© et jeté dans un fleuve, entretient une relation Ă©vidente avec celui d’Osiris, tout comme d’autres imprĂ©gnĂ©s de l’antique rite du Sparagmos : Zagreus, fils de Zeus et de PersĂ©phone, dĂ©membrĂ©s par les Titans ou encore PenthĂ©e, Roi de Thèbes et cousin de Dionysos, mis en pièces par les mĂ©nades.

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